vendredi 3 février 2012

Le tableau blanc interactif, véritable révolution ou simple effet de nouveauté?

Le gouvernement de Jean Charest a annoncé l’année dernière qu’il voulait équiper toutes les classes d’un tableau blanc interactif. Certains semblent s’en réjouir alors que d’autres restent perplexes. Le tableau blanc interactif semble être la nouvelle révolution en enseignement. Quels sont ses véritables bienfaits et ses limites?

Nous entendons sans cesse parler de ce tableau comme un véritable miracle. Je n’ai jamais eu la chance d’utiliser cet outil, alors j’ai voulu en apprendre davantage. J’ai trouvé deux vidéos fort intéressants. Le premier nous dresse les bienfaits du TBI en lien avec les différents courants pédagogiques (béhaviorisme, cognitivisme, constructivisme, socioconstructivisme) alors que le deuxième nous montre la démarche pédagogique de trois enseignantes qui l’utilisent.







Après le visionnement de ces deux vidéos, on semble convaincus des bienfaits de cet outil. En effet, son plus grand avantage est sans contredits l’augmentation de la motivation des élèves et des enseignants qui l’utilisent. Ajoutons à cela une plus grande facilité d’accès à l’information en tout temps, un enseignement plus dynamique, plus interactif et plus près de la réalité des élèves, un moyen de garder des traces de notre démarche et de notre travail, etc. Bref, le TBI semble être une vraie innovation pédagogique.

Oui mais . . .

Tout dépend de l’utilisation que nous en faisons. Ainsi, je crois que le TBI peut être un outil très intéressant au même titre que d’autres outils technologiques, mais cela dépend de quelle façon l’enseignant l’utilise. Effectivement, si le TBI est utilisé comme un traditionnel tableau vert, il n’y a aucun bénéfice à l’utiliser. Cette semaine, je lisais le commentaire d’un lecteur, à la suite d’un article sur le TBI, qui m’a bien fait rigoler, mais qui démontre bien qu’il ne s’agit pas d’avoir un TBI pour innover notre enseignement.

 « Les élèves ne participent pas quand l'enseignant fait sa démonstration avec le tableau blanc interactif; si c'est ça, “participer”, alors j'ai participé au film “L'Étrange Histoire de Benjamin Button”, parce que j'ai assisté à la projection du film, en fin de semaine. »

Finalement, bien que le tableau blanc interactif semble être innovateur, un seul bémol me tracasse : l’effet de nouveauté. Vous souvenez-vous de la première fois qu’un enseignant vous a présenté un cours avec un PowerPoint? Moi, j’étais en deuxième secondaire et je trouvais cela tellement plus intéressant que le simple tableau vert parce que c’était plus visuel, plus interactif et pourtant, presque 10 ans plus tard, le PowerPoint ne me fait plus aucun effet parce qu’il a été surutilisé. Est-ce que le même effet se produira avec le TBI quand des enfants l’auront utilisé du préscolaire jusqu’à l’université? Cela reste à voir . . .


Sources utilisées :

Nolin, R. et Dumais, C. (Hiver 2011). Le tableau blanc interactif en classe de français. Québec français, no 160, 73-74. Repéré à http://id.erudit.org/iderudit/61634ac

Un réseau social éducatif, pourquoi pas?

Cette semaine, je vous présente le site Internet Didacti, un réseau social éducatif gratuit. Ainsi, nous parlons beaucoup de l’intégration des TIC en classe, mais comme plusieurs, je me sens mal outillée pour faire face à cette nouvelle réalité dans l’enseignement. On connaît beaucoup de bienfaits (et des moins bons aussi) de l’intégration des TIC en classe, mais on ne nous donne pas toujours les moyens efficaces pour le faire.

Or, voici qu'en cherchant des articles sur Internet cette semaine, je suis tombée sur un article de Pierre Asselin, paru dans Le Soleil le 18 décembre dernier, qui s’intitulait « Un YouTube pour les devoirs ! » Ça a piqué ma curiosité et j’ai voulu en apprendre davantage.

Didacti est, en fait, un portail éducatif pour créer et partager du contenu auquel on peut ajouter d’autres fonctionnalités comme la gestion d'horaires, de présences ou de résultats scolaires. Il a été créé par David Chartrand, un jeune enseignant d’ici qui a décidé de créer lui-même un outil à son image.  


Ce que je trouve intéressant de cet outil, c’est tout d’abord qu’il a été créé par un enseignant pour des enseignants et qu’il permet réellement d’intégrer les TIC de façon efficace. Ainsi, cet outil répond aux sept indicateurs de valeur ajoutée.

  1. Il est accessible en tout temps.
  2. Il permet une individualisation de l’enseignement. Chaque élève peut apprendre à son rythme.
  3. Il permet une rétroaction enrichie de la part de l’enseignant, mais également d’autres élèves.
  4. L’utilisation de cet outil développe l’autonomie de l’apprenant, car l’apprenant peut prendre en charge son apprentissage.
  5. Cet outil permet aussi la collaboration des élèves entre eux.
  6. L’outil peut favoriser l’apprentissage contextualisé et ancré dans la réalité tout en fonction des activités proposées.
  7. Les différentes activités proposées peuvent favoriser l’apprentissage de haut niveau et le développement de compétences transversales.

Je ne crois pas que cet outil révolutionnera le monde de l'enseignement, mais c'est un petit pas dans la bonne direction et c'est grâce à des personnes comme cet enseignant que nous ferons une différence. Sur ce, je vous laisse avec une courte présentation du réseau Didacti et de ses différentes fonctionnalités.