Le gouvernement de Jean Charest a annoncé l’année dernière qu’il voulait équiper toutes les classes d’un tableau blanc interactif. Certains semblent s’en réjouir alors que d’autres restent perplexes. Le tableau blanc interactif semble être la nouvelle révolution en enseignement. Quels sont ses véritables bienfaits et ses limites?
Nous entendons sans cesse parler de ce tableau comme un véritable miracle. Je n’ai jamais eu la chance d’utiliser cet outil, alors j’ai voulu en apprendre davantage. J’ai trouvé deux vidéos fort intéressants. Le premier nous dresse les bienfaits du TBI en lien avec les différents courants pédagogiques (béhaviorisme, cognitivisme, constructivisme, socioconstructivisme) alors que le deuxième nous montre la démarche pédagogique de trois enseignantes qui l’utilisent.
Après le visionnement de ces deux vidéos, on semble convaincus des bienfaits de cet outil. En effet, son plus grand avantage est sans contredits l’augmentation de la motivation des élèves et des enseignants qui l’utilisent. Ajoutons à cela une plus grande facilité d’accès à l’information en tout temps, un enseignement plus dynamique, plus interactif et plus près de la réalité des élèves, un moyen de garder des traces de notre démarche et de notre travail, etc. Bref, le TBI semble être une vraie innovation pédagogique.
Oui mais . . .
Tout dépend de l’utilisation que nous en faisons. Ainsi, je crois que le TBI peut être un outil très intéressant au même titre que d’autres outils technologiques, mais cela dépend de quelle façon l’enseignant l’utilise. Effectivement, si le TBI est utilisé comme un traditionnel tableau vert, il n’y a aucun bénéfice à l’utiliser. Cette semaine, je lisais le commentaire d’un lecteur, à la suite d’un article sur le TBI, qui m’a bien fait rigoler, mais qui démontre bien qu’il ne s’agit pas d’avoir un TBI pour innover notre enseignement.
« Les élèves ne participent pas quand l'enseignant fait sa démonstration avec le tableau blanc interactif; si c'est ça, “participer”, alors j'ai participé au film “L'Étrange Histoire de Benjamin Button”, parce que j'ai assisté à la projection du film, en fin de semaine. »
Finalement, bien que le tableau blanc interactif semble être innovateur, un seul bémol me tracasse : l’effet de nouveauté. Vous souvenez-vous de la première fois qu’un enseignant vous a présenté un cours avec un PowerPoint? Moi, j’étais en deuxième secondaire et je trouvais cela tellement plus intéressant que le simple tableau vert parce que c’était plus visuel, plus interactif et pourtant, presque 10 ans plus tard, le PowerPoint ne me fait plus aucun effet parce qu’il a été surutilisé. Est-ce que le même effet se produira avec le TBI quand des enfants l’auront utilisé du préscolaire jusqu’à l’université? Cela reste à voir . . .
Sources utilisées :
Nolin, R. et Dumais, C. (Hiver 2011). Le tableau blanc interactif en classe de français. Québec français, no 160, 73-74. Repéré à http://id.erudit.org/iderudit/61634ac