J’ai cherché longtemps quoi écrire à propos de ces vidéos et pourtant au visionnement de ces derniers, j’en avais des frissons parce que je réalisais vraiment à quel point notre vie est régie par les technologies qui nous entourent. Nous ne réalisons pas toujours que sans elles, nous serions complètement différents. À ce propos, savez-vous que notre génération, les 18-24 ans, avons hérité du nom digital native (jeune issu de la première génération numérique) depuis 2001 aux États-Unis? Nous sommes, en effet, la première génération ayant totalement vécu dans l’ère numérique et cela a changé notre façon de percevoir le monde qui nous entoure, nos rapports aux autres, au travail et à la consommation, les technologies étant en partie responsables de ces changements (Agence France-Paris, 2010).
Ainsi, il va s’en dire que nous n’apprenons pas de la même façon aujourd’hui que nos parents apprenaient il y a 20 ans et que les élèves à qui l’on enseignera n’apprendront pas de la même façon que nous. Nous ne pouvons pas nier ces faits. Pourtant, il y a eu peu de changements dans le domaine de l’enseignement surtout en ce qui concerne l’intégration des technologies de l’information et de la communication malgré les nombreux avantages qu’elles apportent. En effet, plusieurs recherches tentent de démontrer que les technologies utilisées dans l’enseignement peuvent améliorer les résultats scolaires, qu’elles permettent de développer des opérations cognitives d’ordre supérieur et qu’elles améliorent la motivation et l’intérêt des élèves (Bibeau, 2008). Mais cela signifie-t-il que le simple fait d’utiliser une présentation PowerPoint en classe motivera et améliorera les résultats de nos élèves? Certainement pas. Bien que cela puisse apporter un nouvel aspect à notre enseignement, nous ne pouvons prétendre qu’elles règleront tous les maux d’école.
« Changer, ce n’est pas innover »
-Robert Bibeau-
J’ai parfois l’impression que nous parlons de l’intégration des TIC comme si cela pouvait tout régler. C’est malheureux, mais ce n’est pas le cas. La technologie peut apporter beaucoup et améliorer certains aspects de l’enseignement, mais elle ne fait pas de miracles surtout si les enseignants ne reçoivent pas la formation adéquate pour l’utiliser. Robert Bibeau, chargé de mission en technologie nouvelle à la Direction des ressources didactiques du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, affirme ainsi que l’intégration des TIC doit favoriser le développement de plusieurs pratiques comme la valorisation de la coopération entre les élèves ou l’encouragement des talents diversifiés pour que l’intégration des TIC soit significative dans l’enseignement (Bibeau, 2008).
Ainsi, nous avons prouvé les avantages de l’intégration des TIC ainsi que leurs limites, mais une question demeure pour moi. Pourquoi, malgré leur omniprésence et leurs avantages, les technologies de l’information ne sont-elles pas plus utilisées, à l’heure actuelle, dans nos écoles? Nous ne pouvons pas blâmer du tout au tout les enseignants. D’abord, à l’heure actuelle au Québec, il y a un manque de ressources financières. De ce fait, « d'après les derniers Indicateurs de l'éducation de Statistique Canada, les Québécois de 15 ans n'ont accès qu'à un seul ordinateur pour huit élèves, une proportion inférieure à la moyenne canadienne (d’un pour six). Conséquence: de tout le Canada, c'est aussi au Québec que les élèves utilisent le moins les ordinateurs à l'école » (Galipeau, 2008). Ensuite, en raison de la lutte contre la cyberintimidation, les nouvelles technologies comme le iPod et les cellulaires mettent du temps à entrer dans les écoles du Québec (Galipeau, 2008). Finalement, nous sommes résistants au changement parce que changer, ça signifie réorganiser nos compétences et nos connaissances, ça signifie être parfois ébranlés et vivre des remises en question et de l’insécurité. Je terminerai donc en vous laissant sur un extrait de l’article de Robert Bibeau dans la revue Vie pédagogique qui laisse place à la réflexion sur notre système d’éducation.
Partout en Occident, les systèmes scolaires sont ébranlés – remis en question – et devant cette insécurité, les cadres scolaires et les enseignants déconcertés ne veulent plus être perturbés, bousculés. L’enseignant des temps présents est un homme-orchestre fatigué et l’accroissement de ses tâches entame sa résilience et contribue à le décourager. Les TIC peuvent-elles [alors] alléger ces tâches?
(Bibeau, 2008)
Sources :
Agence France-Presse. (6 juillet 2010). Les 18-24 ans, « génération numérique » de mutants. Cyberpresse. Repéré à http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/201007/06/01-4295938-les-18-24-ans-generation-numerique-de-mutants.php
Bibeau, R. (2008). Les technologies de l’information et de la communication peuvent contribuer à améliorer les résultats scolaires des élèves. Vie pédagogique, numéro 146.
Galipeau, S. (19 février 2008). Le cartable ou le portable à l’école. La Presse. Repéré à http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/200802/19/01-8320-le-cartable-ou-le-portable-a-lecole.php
